À propos des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays

Actuellement, 42 millions de personnes dans le monde ont fui des conflits armés et sont en quête de sécurité (voir Profiles des réfugiés et PDIP). Ce sont des enfants, des femmes et des hommes qui doivent vivre dans des abris temporaires, des camps ou des bidonvilles et qui doivent lutter pour leur survie dans des milieux inconnus et souvent hostiles.

Ceux et celles qui fuient vers un autre pays reçoivent le statut de réfugiés, ce qui leur confère certains droits en vertu du droit international.

Ceux et celles qui cherchent refuge à l’intérieur même de leur pays sont qualifiés de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP). Bien qu’elles constituent près des deux tiers de l’ensemble des personnes dans le monde qui cherchent actuellement un refuge contre les conflits armés et la violence, les PDIP ont moins de droits légaux que les réfugiés.

Il y a 16 millions de réfugiés dans le monde. Plus de la moitié d’entre eux proviennent de ces 6 pays ou régions.

 

Agrandir la carte pour voir les territoires palestiniens.
 

Il y a 26 millions de PDIP dans le monde. Plus de la moitié d’entre elles proviennent de ces 6 pays.

 

 

À propos des réfugiés

Voice from the Field

Uganda: Responding to influx of Congolese refugees in Kisoro (disponible en anglais seulement)

Qu’est-ce qu’un réfugié?

Un réfugié est une personne qui a franchi la frontière de son pays pour fuir un conflit ou la persécution. Selon Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), il y aurait 16 millions de réfugiés dans le monde aujourd’hui.

Une fois rendus dans un pays voisin, les réfugiés resteront souvent près de la frontière, s’amassant par dizaines, voire par centaines de milliers. Tel est le cas des Soudanais du Darfour vivant dans des camps au Tchad, des Irakiens s’entassant dans des régions urbaines surpeuplées en Syrie et en Jordanie et des Hmongs du Laos retenus dans un camp tout près de la frontière en Thaïlande. En fait, pus de 80 % des réfugiés demeurent dans leur région d’origine.

 
Vidéo

MSF Responds to Refugees Fleeing into Chad and Cameroon (disponible en anglais seulement)

La convention des réfugiés

En vertu d’accords internationaux signés par 147 pays, les pays qui hébergent des réfugiés doivent leur accorder leur protection et leur prêter assistance. Les accords les plus importants à ce sujet sont la Convention relative au statut des réfugiés de 1951, élaborée afin de répondre au problème des réfugiés de la Seconde Guerre mondiale, et le Protocole relatif au statut des réfugiés de 1967.

La convention décrit un réfugié comme étant une personne qui, craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays où elle réside habituellement ou dont elle a la nationalité. Les personnes fuyant les conflits ou la violence généralisée sont aussi habituellement considérées comme des réfugiés, ce qui leur garantit également une protection légale.

 
Vidéo

Thailand: Forced Return of Hmong Refugees (disponible en anglais seulement)

Les droits des réfugiés

Quels sont ces droits? Tout d’abord, le gouvernement des pays où se trouvent des réfugiés doit leur offrir une assistance humanitaire (nourriture, eau, abris et soins médicaux) et une protection contre la violence. Le HCR, qui dépêche souvent des intermédiaires, a le devoir de s’assurer que ces droits sont respectés. Il est également de son devoir de trouver une solution durable aux problèmes des réfugiés : ceux-ci ont le droit de retourner chez eux une fois la paix rétablie, de demeurer dans le pays où ils ont trouvé refuge ou encore d’aller s’établir dans un tiers pays.

Bien qu’il y ait eu quelques dénouements heureux, par exemple pour les Libériens et les Sierra-Léoniens qui ont pu retourner chez eux après des années de guerre civile ou bien pour les 70 000 réfugiés réinstallés dans des pays développés en 2006, des millions de réfugiés se retrouvent encore dans des conditions de vie épouvantables et font souvent face à davantage de violence, à la maladie et à la perspective d’un avenir incertain. Aussi, nombre de réfugiés dépendent pour leur survie de l’assistance que peuvent leur apporter les administrations locales ou les organismes d’aide locale et d’aide internationale.

À propos des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays

Qu’est-ce qu’une PDIP?

La majorité des personnes déplacées à la suite d’un conflit (26 millions selon l’Observatoire des situations de déplacements internes) sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP). Incapables de fuir vers un autre pays, ces personnes cherchent plutôt à se protéger de la violence tout en restant à l’intérieur des frontières de leur pays en se réfugiant dans des camps de fortune ou des bidonvilles ou bien en se dispersant à l’intérieur des collectivités locales.

À eux seuls, le Soudan, la Colombie et l’Irak hébergent près de la moitié des personnes déplacées du monde. En 2007, les plus grands déplacements ont eu lieu dans des pays où les conflits armés de longue date ont dégénéré : en Irak, en Somalie, en République démocratique du Congo et dans la région du Darfour au Soudan.

 
Vidéo

Sudan: Assisting Displaced in Darfur (disponible en anglais seulement)

Les droits des PDIP

Quels sont les droits des PDIP en ce qui a trait à l’assistance et la protection? Bien que les PDIP se retrouvant au milieu de conflits armés soient couverts par le droit international humanitaire en tant que civils, aucun organisme international n’a le mandat de leur prêter assistance ou de les protéger. Le HCR a élargi son mandat envers les réfugiés afin d’y inclure certaines populations de PDIP de même que les personnes se retrouvant dans une situation similaire à celle d’un réfugié ou d’une PDIP.

De nombreux organismes d’aide locale et d’aide internationale fournissent une assistance humanitaire aux PDIP, mais pour bon nombre d’entre elles, la situation est obscure. Puisqu’elles sont toujours à l’intérieur de leur propre pays, les PDIP demeurent sous la juridiction des autorités nationales qui sont parfois impliquées dans les violences qu’elles tentent justement de fuir.

 
Vidéo

Iraq: Mouna - Step by Step (disponible en anglais seulement)

Déracinés par la violence

Dans de nombreux pays, les civils sont délibérément pris pour cible. C’est le cas de l’Irak, de la Somalie, du Soudan et de la République démocratique du Congo où les rebelles, les troupes gouvernementales ou les bandits ont forcé plusieurs fois les civils à se déplacer en quête de sécurité. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables à la violence, notamment de nature sexuelle. De plus, les enfants sont particulièrement sensibles aux maladies et à la malnutrition.

Dans de nombreuses régions, la violence est devenue trop intense pour que les organismes d’aide puissent y faire leur travail, et le personnel lui-même y est parfois pris pour cible. Aussi, des millions de PDIP du Darfour, de Somalie, d’Irak et d’ailleurs doivent survivre avec peu ou pas d’aide humanitaire.

 
Sources pour les figures à propos des réfugiés et des PDIP (2007) : Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) | Observatoire des situations de déplacements internes (IDMC) [disponible en anglais seulement]